Histoire
L'histoire passionnante de Caluire et Cuire en quelques dates...
Les premiers habitants de Caluire...
VII ème siècle avant JC : La région est habitée par les Celtes. Témoins la statuette retrouvée à la pointe nord de l’île Barbe et visible aujourd’hui au musée de Saint-Germain-en-Laye ou la pirogue creusée dans un tronc d’arbre conservée au bord du lac du parc de la Tête d’Or.
Puis, vinrent les Segusiaves, tribu gauloise. Implantés le long de la Saône, entre Croix-Rousse et Cuire, ils commerçaient et naviguaient. L’agglomération prit alors le nom de Condate (confluent).
A l’époque romaine, des colonies agricoles pour légionnaires retirés du service furent installées autour de Lugdunum (nom romain de Lyon)
Deux voies romaines traversaient Caluire. Au fil de l’histoire, l’axe le plus important est devenu l’actuelle rue Coste/Peissel/Moulin/De Gaulle.
A Caluire, ces colonies étaient installées essentiellement le long de la voie du Rhin. L’origine du nom Caluire serait d’ailleurs celle d’un vétéran romain : Calvirius.
732 : raid arabe. Les Sarrazins établissent un camp à Montessuy pour surveiller Lyon.
Une fin de XVII siècle difficile à Caluire
La fin du XVII ème siècle la vie est dure à Caluire, qui ne jouit pas d’une bonne réputation. Les textes décrivent une vigne exposée au nord, « produisant un vin de mauvais goût ». Les terres labourées sont jugées parmi les plus ingrates. Les habitants doivent, chaque jour, aller ramasser « balayures et immondices de la ville de Lyon » afin de fumer la terre, « sans quoi ils ne pourraient rien recueillir à cause de la stérilité des lieux. Les fruits des fonds de ce lieu souffrent par les brouillards qui se lèvent très souvent et, étant abattus par la force du soleil, les raisins coulent, le blé se réduit en charbon et les fleurs des arbres avortent ».
L'union de Caluire et de Cuire
La première union entre Caluire et Cuire remonte à 1790. Mais c’est en 1797 que Cuire se détache définitivement de la Croix-Rousse pour se rapprocher de Caluire.
Fin XVIII ème siècle : le faubourg de Saint-Clair compte une dizaine de maisons. Le long de ce qui sera, bien plus tard, la route de Strasbourg, de Saint-Clair à Crépieux, il n’y a pas une seule maison. Plus au sud, le quartier de Margnolles est divisé en deux parties distinctes : Margnolles-en-Bresse et Margnolles-en-Franc-Lyonnais (l’actuel clos Bissardon).
Caluire et cuire au début du XIX ème siècle
A la fin de l’Empire, peu après l’abdication de Napoléon et son exil à St Hélène, le maréchal Suchet, qui résiste aux Autrichiens et aux Piémontais, établit son quartier général à Caluire le 10 juillet 1815.
1820 : l’église Saint-Romain de Cuire est bénie le 28 juillet par Mgr. Martin Morel de Mons, évêque de Mende. Sa construction a coûté 25 000 francs environ en très grande partie couvert par les souscriptions des paroissiens.
1830 – 1870 : construction du fort de Montessuy, d’abord, puis du fort de Caluire. Deux fortifications qui ne serviront jamais comme ouvrage défensif… Entre 1855 et 1858, le maréchal de Castellane, gouverneur militaire de Lyon, fait construire deux voies stratégiques dénommées aujourd’hui montée Castellane et montée des Soldats.
C’est aussi le début du départ des horticulteurs de Cuire et de certains maraîchers de Caluire. L’annonce de la fin de la commune rurale.
En 1831, la révolte des canuts à la Croix-Rousse gronde jusqu’aux confins de Caluire. Le 22 novembre, la fusillade s’étend des chartreux jusqu’au quai saint-Clair. Le 23 novembre, dans la nuit, l’ordre d’évacuation de Lyon est donné. Les troupes de la garnison, rassemblées sur les places des Terreaux et de la Comédie battent en retraite par le quai Saint-Clair. Il fallut enlever plusieurs barricades dressées à l’entrée du faubourg Saint-Clair.
1862 : fin des travaux de la ligne de chemin de fer la Croix-Rousse -Sathonay. Le train est surnommé « La Galoche », en raison de sa lenteur, du bruit de ses wagons et de sa simplicité rustique. Six ponts et trois passages à niveaux (Cuire, Montessuy et chemin de Crépieux) jalonnent la traversée de Caluire et Cuire.
En même temps que les travaux de la voie ferrée, une nouvelle église s’érige.
En 1855, la première pierre est posée, en remplacement de l’ancien édifice religieux en pisé datant de 1690. Le 15 août 1860, bénédiction de la nouvelle église du « Saint-Esprit », puis de « l’Immaculée Conception ». 1944 : achat de l’orgue qui sera rénové en 2001.
La construction de l'église St Clair sur le Rhône a débuté en 1887, avec l'architecte Sainte-Marie Perrin, et a été achevée en 1926, par son fils.
Notre Dame de la Paix à Vassieux est inaugurée en 1933 et la nouvelle église Sainte Bernadette à Montessuy en 1941. Le dernier édifice religieux érigé à Caluire et Cuire est l’église Saint-Côme Saint-Damien, mise en service à Pâques 1963.
Les sombres années de la seconde guerre mondiale
Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont souvent traversé Caluire-et-Cuire afin de relier Lyon.
La maison du docteur Dugoujon, place Castellane (aujourd’hui place Gouailhardou), a été le théâtre de l’un des événements les plus sombres de la Résistance française.
Construite au XIXe siècle, la bâtisse a été louée par le docteur Frédéric Dugoujon, lors de son arrivée à Caluire et Cuire, en 1939. Il y installe son cabinet au rez-de-chaussée et ses appartements à l’étage.
En juin 1943, un mois après la création du Conseil National de la Résistance, le général Delestraint, chef de l’armée secrète est arrêté à Paris. Il faut lui trouver un successeur au plus vite. C’était l’objet de la réunion de Caluire et Cuire. Le 21 juin 1943, Jean Moulin convoque André Lassagne, Raymond Aubrac, le lieutenant Henri Aubry, le colonel Lacaze, le lieutenant-colonel Schwarzfeld et Bruno Larat auquel s’adjoindra au dernier moment et à la demande de Aubry, René Hardy.
Vers 15 heures, une dizaine d’hommes commandés par Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, investissent les lieux et arrêtent toutes les personnes présentes, y compris le docteur, sa domestique et ses patients. Seul René Hardy réussit à s’enfuir. Les autres sont emmenés à l’Ecole de santé militaire, avenue Berthelot, siège de la Gestapo, puis transférés au fort Montluc. Jean Moulin, alias Max, ne fut identifié que deux ou trois jours après l’arrestation. Torturé, il mourut lors de son transfert en Allemagne. Le colonel Schwarzfeld et Bruno Larat sont morts en déportation. André Lassagne, déporté, fut libéré par les Américains. Il devint sénateur du Rhône et mourut en 1953. Raymond Aubrac fut libéré de façon spectaculaire par sa femme Lucie. Le docteur Dugoujon et le colonel Lacaze furent emprisonnés à Fresnes pendant un an. A son retour chez lui, le docteur trouva une maison pillée et dévastée. Affaibli par son séjour en prison, il trouve du réconfort auprès des Caluirards, qui, dans un grand élan de solidarité, lui apportent mobilier et vaisselle. Parallèlement à son métier de médecin, il devient conseiller général et maire de Caluire de 1964 à 1983 et député de 1973 à 1981. Il est mort le 5 août 2004.
La place Castellane est devenue par la suite, place Gouailhardou, en hommage au chef militaire de l’armée secrète, qui habitait Caluire, à la fin de sa vie. Il est mort à l’âge de 33 ans, exécuté par les Allemands, le 13 juin 1944 dans l’Ain. La maison du Docteur Dugoujon est devenu un mémorial, inauguré par François Fillon le 21 juin 2010. (voir la vidéo)
Deux bombardements sont restés dans les mémoires de la ville. Le premier, le 27 juillet 1944, n’a pas fait de victime. Un avion allié, souhaitant décharger sa cargaison d’explosifs dans les champs, par manque de visibilité dans cette opération nocturne, a lâché huit bombes sur le quartier du Vernay. Quelques jours plus tard, le 6 août 1944, les usines de Saint-Rambert et de la gare de Vaise sont visées. L’alerte est donnée vers 11 heures du matin. Sur la rive droite de la Saône, le quartier industriel est gravement atteint, mais les quais résidentiels côté Caluire, ne sont pas épargnés. Le point d’impact des bombes est estimé au 1, quai Clemenceau, chemin du Plein-Vallon et 3, rue Tarentaise. A Caluire, onze morts sont à déplorer et 130 sinistrés. Les dégâts sont considérables.
Un autre événement dramatique a marqué les esprits à cette époque-là. Le 24 août 1944, dans le quartier de Montessuy, quelques membres des familles Turba et Choux redécouvrent la joie de se promener, en liberté, allée de la Jeunesse. Les Allemands venaient de quitter Caluire. Du haut de la colline, Bernadette Choux et Jean Turba dominaient la ville et observaient, à la longue vue, un train qui brûlait, au loin. Sur le toit du palais de la Foire, en face, des soldats allemands étaient encore postés. Des balles fusèrent et Jean et Bernadette s’écroulèrent. Deux innocents tués, alors que la guerre touchait à sa fin. Une rue porte désormais leurs noms.
Le 3 septembre 1944, Caluire-et-Cuire est libérée. La veille, pourtant, les ponts Poincaré, de l’Ile Barbe et de Collonges, ainsi que le viaduc de Saint-Clair ont été détruits. Sur le balcon de la mairie de Caluire, dans la Grande rue, des drapeaux flottent enfin au vent. Un exemple bientôt suivi par l’ensemble de la population.
(D’après « Histoire de Caluire-et-Cuire » de Martin et Jo Basse et « Caluire-et-Cuire, histoire de quartiers » de Jo Basse, Francis Lavorel et Louis Naumin)
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